Cendrillon

Par Arthur Simard et Benjamin Dagenais

Il y a fort longtemps, dans une contrée lointaine, vivait Cendrillon. Cette jeune fille habitait avec son père, sa belle-mère et ses deux demi-sœurs, sa mère étant décédée en lui donnant naissance. Cendrillon semblait être un ange tant elle était pleine de bonté et de générosité. Il n’était pourtant pas possible de dire la même chose de ses deux sœurs qui ne connaissaient que méchanceté et mépris, comme leur mère. Cette dernière, une véritable cinglée, transformait la vie de Cendrillon en un enfer : les tâches ménagères s’enchaînaient à un rythme à rendre fou même la personne la plus vaillante. La charmante demoiselle devait aussi se revêtir tous les jours les mêmes haillons poussiéreux, cachant ainsi sa beauté, alors que ses sœurs se pavanaient à travers le royaume dans de somptueux habits.

Tous les ans, le prince du royaume, Michel, organisait un réveillon de Noël pour souligner son anniversaire, mais cette année cet événement serait bien spécial, puisque Michel célébrerait ses 18 ans, l’âge légal pour se trouver compagne. Or, comme d’habitude, Célcine, la méchante belle-mère, avait surchargé Cendrillon de travail sous prétexte de préparer leur réveillon, alors qu’elle voulait l’empêcher de se rendre à la soirée. La belle jeune femme devait décorer la maison ainsi que le sapin, préparer la dinde, le pâté, le ragoût, les biscuits, la bûche et les saucisses, emballer les cadeaux, et finalement nettoyer la maison de fond en comble.

Pendant la journée, Cendrillon regardait ses sœurs Clara et Carla se préparer pour ce réveillon sans précédent, tout en se lamentant sur son sort. Une fois ces dernières parties et les tâches terminées, Cendrillon courut jusqu’au cimetière, où elle fondit en larmes sur la tombe de sa mère. Après quelques minutes de ce petit manège, une fée apparut, et elle se présenta en tant que la fée Beaulieu. Elle souhaitait aider Cendrillon à se rendre au réveillon, et à marier le prince Michel. La pauvre petite devait en échange lui rapporter une bûche de bouleau, quatre carottes, un bonhomme de pain d’épices et une guirlande de Noël. Elle trouva cela curieux, mais se dépêcha quand même d’apporter ces objets au cimetière, où elle eut la surprise de voir se transformer la bûche en majestueux traîneau, les carottes en rennes venant du lointain Pôle Nord, le bonhomme de pain d’épices en cocher, et la guirlande en habits d’un tissu grandiose comme on n’en trouvait pas dans le pays. Malheureusement, la fée la mit en garde; le sort se romprait au son de la cloche de minuit, Cendrillon devrait donc revenir avant les douze coups de l’horloge.

Lorsque la jeune femme arriva afin au réveillon, il était près de 22 h, ce qui ne l’empêcha pourtant pas de faire excellente impression. L’ensemble des invités, y compris le prince Michel, se questionnait sur la provenance de cette princesse à la beauté divine, pourtant inconnue de tous. Le jeune souverain, à la recherche d’une épouse, s’empressa de se présenter à cette belle étrangère et l’invita à danser. Le temps s’écoulait rapidement en compagnie du prince, et Cendrillon qui n’avait pas l’habitude de sortir ne le vit pas passer. Minuit arriva bien vite, et en entendant les cloches sonner, la belle princesse s’enfuit en dévalant les marches du palais, mais elle perdit sa bottine.

Le futur monarque, qui trouvait
Cendrillon de son goût et qui aurait bien aimé la retrouver pour en faire sa compagne, fit essayer la chaussure à toutes les femmes du royaume, et promit de marier celle à qui elle conviendrait. Lorsqu’arriva enfin le tour de Cendrillon, elle glissa son pied dans la bottine qui lui fit comme un gant. Elle fut aussitôt présentée au prince qui, reconnaissant son invitée de la veille, l’épousa sur-le-champ.

Cendrillon avait un cœur si pur qu’elle fit quand même loger toute sa famille au palais avec des conditions dignes de la famille royale. Toute trace de méchanceté et de mépris avait disparu du cœur de ses deux sœurs depuis qu’elles avaient été mariées à de grands seigneurs.